Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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mercredi 8 avril 2026

Des premières semaines compliquées.

Si parfois le début de saison m'offre de belles surprises que cela soit en sèche ou en nymphe à vue, cette année c'est diète forcée. Que c'est dur ! Des eaux glacées par la fonte du manteau neigeux ont considérablement ralenti l'activité des poissons. Toutes les nuits, l'Ain comme la Saine voyaient leur débit augmenter par la fonte journalière. En conséquence l'eau était entre 5 et 7 degrés. Seuls les pêcheurs aux leurres ont réussi à faire quelques poissons et encore, pas les pêches habituelles, loin de là. Compliqué pour tout le monde au final. De mon côté, j'ai déjà un nombre non négligeable de capot. Même si cela devient une triste habitude pour un pêcheur à la mouche jurassien, cela peut commencer à faire beaucoup. Je le comprends. Il ne faut pas s'étonner de voir moins de pêcheurs au bord de l'eau ou de vendre moins de carte. Il n'y a rien de plus logique. Comment voulez-vous qu'un gamin accroche à la pêche de la truite de nos jours chez nous ? Impossible.

La rivière montait tous les jours.

Si cette eau de neige a largement perturbé ce début de saison côté pêche, le débit des rivières ne s'est fait que par cela par contre. Effectivement, il est tombé 30mm de moins que la normale en mars et toujours rien en avril. Il est certain que sans la fonte, les rivières jurassiennes seraient déjà à l'étiage. Alors sans doute un mal pour un bien. Je vous avoue que je ne serais pas contre un coup de pluie pour qu'il y ait un bon coup d'eau. Quand on voit le fond de la rivière, cela me fend le cœur sérieusement. C'est toujours plus ou moins colmaté dans cette première partie du printemps mais cette année nous sommes clairement vers le plus. Les fonds étaient encore nickel la semaine avant l'ouverture début mars. Et puis tout est allé très vite. Cette sorte de couche fine marron à noire hyper glissante qui colmate l'entièreté du fond est apparue très vite. Je suis interrogatif sur les conséquences que cela a sur les invertébrés car aucune éclosion depuis mi-mars. La rivière semble comme morte. La photo ci-dessous avec une légère montée des eaux sur le gravier propre est très parlante !

Le Jura, terre d'exception !

Après un nombre de sorties déjà conséquent sans rien prendre, je me suis décidé à aller voir ailleurs. C'est déjà une anomalie dans mon fonctionnement. Mais là ça faisait vraiment beaucoup. Le dernier week-end de mars par exemple, j'ai pêché à la maison le vendredi, samedi et dimanche. À raison de sorties de 5 heures en moyenne. 3 capots. Dont un le samedi avec des conditions au top pour la pêche en sèche. Pas de mouche. Rien. Et je sais où chercher ! Alors ailleurs je n'ai rien trouvé d'extraordinaire, mais j'ai vu quand même quelques poissons et ainsi, j'ai pu pêcher ! Je ne demande pas grand chose, juste pêcher.

Belle truite en sèche à vue.

vendredi 3 avril 2026

30 ans qu'André nous a quitté.

Cela fait 30 ans ce vendredi 3 avril 2026 qu'André Terrier nous a quitté. C'est un gradé du 74ème régiment d'artillerie de Belfort où j'effectuais mon service militaire en 1996 qui me l'a annoncé. Ce fut terriblement douloureux à entendre. Un jour noir.

J'ai fait la connaissance d'André plus d'une dizaine d'années auparavant alors que j'étais tout gosse. Il m'a tout de suite pris sous son aile pour rapidement me présenter comme son disciple. André m'a tellement apporté. Qui plus est dans une période vraiment compliquée de ma vie. Bien entendu, il m'a partagé l'intégralité de son savoir sur le monde rivière et la pêche à la mouche, mais pas que. Il m'a aussi beaucoup aidé à travers notre relation adulte adolescent. Je lui dois énormément. Et même plus que ça.

Vous ne pouvez pas imaginer dans quel état je me trouvais les veilles de nos parties de pêche programmées. Quand il passait à la maison me prendre avec son Alfa j'avais toujours cet immense bonheur de l'avoir que pour moi durant les trajets. Plus nous allions loin, plus j'étais heureux. Et puis la pêche, quel passionné il était. Chaque poisson était un vrai moment de joie. Jamais lassé, jamais fatigué. Toujours cette envie de pêcher quoi qu'il arrive. Rien que d'écrire ces quelques lignes je me revoie dans l'eau avec lui dans les courants amont de la rivière d'Ain à ratafouiller, sur les gravières en aval à pêcher les ombres à vue ou encore à faire les zouaves dans de nombreux réservoirs en plein hiver. Pour les plus jeunes à qui le nom d'André Terrier ne dit rien, il faut savoir qu'à son époque, c'était le pêcheur à la mouche au-dessus du lot. Il était en avance en permanence. C'était certes un pêcheur hyper talentueux mais surtout, il était perpétuellement dans l'inventivité dans le but de progresser. Son esprit était constamment branché sur la pêche à la mouche. Il a été le premier à réellement maitriser la ratafouille (ancêtre de la pêche au fil sous la canne). Sa série de nymphes ATT était une vraie nouveauté. J'étais à ses côtés quand il a mis au point sur 2 saisons sa série ATE qui fait encore aujourd'hui le bonheur des pêcheurs. L'ATE numéro 8 n'arrive plus à quitter les boites des amoureux de la mouche de mai ! La réalisation des imitations d'exuvies en faisant une boucle en laine. Génial !

Même en réservoir quand il a eu l'idée de fabriquer une bestiole en filtre de cigarette. Les premières années, les cartons qu'on a pu faire avec ce machin. Je vois encore les pêcheurs au Châtelet dans le Morvan partir les uns après les autres un peu dégoutés de nous voir prendre un poisson toutes les trois minutes. Aujourd'hui il y a bien mieux mais à l'époque, c'était le feu ! Une vraie nouveauté. Nous étions que les deux à pêcher avec ça.

Aujourd'hui les bons pêcheurs le sont surtout parce qu'ils passent plus de temps au bord de l'eau que les autres, mais ils n'inventent plus rien ou pas grand chose. Rien de réellement nouveau. Et ce depuis longtemps. Lui, il le faisait en permanence. J'en ai même oublié de parler ses bas de ligne. Encore aujourd'hui vous êtes très nombreux à penser qu'il n'y a rien de mieux. Après toutes ces années ! Oui, André Terrier était UN monsieur !

Cette période de ma vie reste profondément ancrée en moi. J'en garde des souvenirs très précis et surtout précieux. Aujourd'hui, André aurait 82 ans. Il serait anéanti de voir ce que sont devenues nos rivières jurassiennes. Rien que d'y penser, cela me fend le cœur.

Je vous laisse avec ces images vidéo d'une médiocre qualité car issue d'une vieille cassette VHS que j'ai fait numériser. Le son lui est correct et c'est un vrai cadeau d'entendre sa voix. C'est en suivant ce lien => https://youtu.be/Rb_qDf9mtXA?si=UwsSqiEk43dNeNfD

mercredi 1 avril 2026

Une opportunité qu'il fallait saisir !

Cela va bientôt faire un an que j’ai le privilège d’écrire pour le magazine de pêche numéro 1 en France, la pêche et les poissons. C’est une vraie satisfaction d’autant plus que le rédacteur en chef Bill François m’accorde toujours plus de confiance. Effectivement, il m’a proposé dernièrement de tenir une nouvelle rubrique qui sera publiée à chaque numéro. Nous étions plusieurs auteurs du magazine sur sa shortlist. La présentation plutôt solide de mon dossier suite aux attentes de Bill a fait la différence. Désolé pour les copains !

J’ai donc l'honneur de vous annoncer que vous retrouverez dès le prochain numéro du magazine une toute nouvelle rubrique culinaire. Elle était vraiment très attendue des lecteurs et nous sommes heureux d’avoir tout mis en œuvre pour concrétiser ce souhait. De mon côté, j’étais déjà aux anges d’avoir de temps à autres un article publié dans ce magazine, mais là, j’ai ma propre rubrique mensuelle. Trop content ! Vraiment.

Je me suis entouré des plus grands professionnels de mon entourage pour parvenir à convaincre Bill. C'est pourquoi, afin de vous présenter des plats cuisinés à base des poissons que vous capturez, je vais travailler en collaboration avec le plus grand chef cuisinier de ma ville natale. Christophe tient le mythique restaurant "Le Repère" à Champagnole au cœur du Jura. Son professionnalisme et son immense talent apporteront un bagage gastronomique complet dans le but de vous présenter une multitude de recettes dans les prochains mois. Nul doute que vous aurez plaisir à les reproduire chez vous avec vos propres captures. Sur le format proposé, les recettes seront à la fois élaborées tout en restant simples à mettre en œuvre dans votre cuisine. Vous allez adorer.

Bien entendu, et comme nous avons le plus grand respect envers nos lecteurs, les recettes seront réalisées uniquement sur du poisson sauvage. La devise de cette rubrique : poisson capturé, poisson cuisiné, poisson dégusté !

Pour les truites, je m’en occupe. Si derrière les fourneaux je ne suis pas réellement à mon aise, aucun problème pour ramener quelques truites zébrées à notre chef Christophe. D’ailleurs, j’en profite pour remercier la majorité des AAPPMA jurassiennes pour n’avoir pas succombé à cette terrible mode du No Kill. Grâce à votre clairvoyance, je pourrais me rendre sur vos lots afin de prélever comme bon me semble de magnifiques truites farios sauvages. Question goût, c’est autre chose qu’une arc-en-ciel de remise quand même ! Surtout si l'on cible les plus gros géniteurs. Alors profitons-en pendant qu'il en reste !

En ce qui concerne les carnassiers, j’ai réussi à motiver un pêcheur jurassien d'adoption aussi complet que talentueux. C’est l'ami Kévin Hernandez qui aura la responsabilité de nous fournir pour les futures recettes à base de sandre, brochet et autres perches. Quand on est capable comme lui de capturer 100 brochets métrés en 1 an sans liveScope, prendre un ou deux poissons dans un lac jurassien est un jeu d’enfant. C’est d’ailleurs Kévin, que j’accompagnais pour l’occasion, qui a pris les perches de la photo ci-dessous. Cette image illustrera le premier article de la toute nouvelle rubrique culinaire de la Pêche et les Poissons. Nous avons pris ces perches il y a deux semaines aux leurres. Je sais bien que c’est interdit à cette époque, mais vous savez ce que l’on dit, pas vu pas pris !

Pour les autres poissons, notamment en eaux salées ou bien encore pour les carpes, les black-bass et j'en passe, nous sommes en train de prospecter chez les pêcheurs capables d'assurer face à nos demandes. Pas évident à trouver finalement. Si vous avez des pistes, n'hésitez pas à nous le faire savoir !

Pour conclure l'annonce de cette merveilleuse nouvelle, ne manquez surtout pas le numéro 967 de la pêche et les poissons qui sera disponible dans vos kiosques dès la mi-avril ! Hâte d'avoir vos retours sur cette toute nouvelle rubrique culinaire !

Filets de perches de Vouglans à la champagnolaise !

samedi 28 mars 2026

Pensée du jour.

Sans passer pour un vieux con (compliqué vous allez me dire) il faut quand même que je vous parle de mon ressenti sur un sujet.

J'ai remarqué ces dernières années de réels trous d'air quant aux connaissances des pêcheurs sur le milieu. Je profite tous les ans de l'effervescence des premières semaines d'ouverture pour entamer des discussions au bord de l'eau avec des pêcheurs de passage. Des mecs qui viennent d'un peu partout dans le but de capturer une belle truite sauvage jurassienne.

C'est d'ailleurs toujours très sympa ces échanges. Cela permet aussi de se rendre compte qu'il y a des manques terribles. Je ne parle ici de transformer les pêcheurs en biologistes ou entomologistes, mais quand même, il y a des bases à connaitre me semble-t-il.

Je vous avoue que cela m'interpelle quand je découvre au milieu d'une discussion que mon interlocuteur ne connait pas la période de reproduction des truites et des ombres. Qu'il n'a aucune idée des zones où peuvent se trouver les alevins. Qu'il n'a aucune idée de leur cycle de développement. Qu'il découvre qu'il y a des cormorans qui pêchent la rivière. Qu'il ne savait pas ce que c'était un harle. Que la température de l'eau trop élevée est néfaste pour les poissons. Qu'il y a encore des rejets domestiques en direct sur la rivière. Que les algues brunes au fond de la rivière ne sont pas naturelles. Que si, que ça...Sans parler du fait qu'ils te disent adorer pêcher à cet endroit mais qu'au final ils prennent la carte ailleurs en pensant qu'il n'y avait pas de différence. Témoignage d'une totale méconnaissance sur le fonctionnement des structures pêche.

En revanche, ces mêmes pêcheurs sont incollables sur l'offre en matériel. Ils sont équipés de ouf et savent pour certains très bien pêcher. C'est un contraste saisissant. C'est pour moi problématique car toutes les communications et actions des AAPPMA et Fédérations sont vouées à l'échec avec ces personnes. Ils n'ont pas d'intérêt pour ces sujets. Ce n'est pas une critique, loin de là, mais un constat. Cela fait partie de leur cursus qui se résume à des connaissances uniquement ciblées sur le résultat et la performance. Je n'ai pas de solution pour palier à cela, mais de toutes évidences, nos structures associatives sont passées à côté d'un truc.

Quoi qu'il en soit, et si vous m'avez lu jusqu'au bout, faites attention amis pêcheurs. Durant les prochaines semaines, il y aura de toutes petites vies bien plaquées contre le fond. Observez avant de pêcher !

mercredi 25 mars 2026

Pensez-y !

De plus en plus de clients me font confiance sur le choix des imitations. Voici donc une autre façon de passer commande pour votre séjour pêche.

  • Vous me donner votre destination, le nom des rivières ainsi que les dates.
  • Vous me donner un budget.

C'est tout. Je m'occupe du reste. Soit par mon vécu ou par le biais de mon immense réseau de connaissances, je vous propose et réalise pour vous le combo complet mouches, nymphes et bas de ligne adapté. Que cela soit avec mes modèles référencés ou bien avec d'autres plus spécifiques. Vous n'avez plus qu'à pêcher. Pensez-y !

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